Nous avons écrit pour vous...
J'imagine
Je ne me suis jamais rendue en Afrique noire et encore moins dans le petit village de Dantiandou Tégui auprès duquel je me suis engagée dans une démarche d’approche de développement participatif depuis 2008.
Alors voici le fruit de mon imagination :
• j’imagine que l’Afrique c’est très loin, quelques heures d’avion doivent être nécessaires pour y arriver,
• j’imagine qu’il y fait très, très chaud,
• j’imagine des enfants rieurs, aux grands yeux noirs, gambadant partout,
• j’imagine des huttes de paille, des animaux domestiques aux alentours et beaucoup de poussière,
• j’imagine aussi l’école, avec ses élèves bien disciplinés devant l’énorme tableau noir,
• j’imagine le trafic des pirogues sur le fleuve et les pêcheurs se débattant avec leurs grands filets.
Mais ce que je n’imagine pas,
• ce sont ces mêmes enfants qui n’ont pas les moyens d’aller à l’école,
• je n’imagine pas les écoliers qui, plutôt que d’aller à l’école, sont sollicités par leurs parents pour les aider aux travaux dans les champs,
• je n’imagine pas les femmes qui se lèvent tôt pour effectuer les corvées d’eau et qui pilent le mil pendant des heures jusqu’à la tombée de la nuit,
• je n’imagine pas les élèves qui ne possèdent qu’un seul livre de classe pour 40,
• je ne les imagine pas entassés dans une classe paillote, sous une chaleur écrasante,
• je n’imagine pas les enfants qui n’ont pas les moyens de faire leurs devoirs le soir par manque d’électricité,
• je n’imagine pas non plus la période de soudure (période durant laquelle les anciennes récoltes sont consommées et les nouvelles pas encore arrivées à maturité),
• je n’imagine pas les habitants du village consommer le son du mil pour survivre,
• et je n’imagine surtout pas que des gens meurent de faim !
Malgré tout, je n’imaginerai jamais les rêves qui peuplent l’esprit de nos villageois !
Voilà la raison pour laquelle je me suis engagée sans regret dans cette action et, que j’appelle tout le monde à réfléchir sur nos conditions de vie tellement agréables que nous en arrivons à être capricieux et toujours plus exigeants !
Après réflexion, si vous êtes convaincus, n’hésitez pas à nous rejoindre nombreux. Ils ont besoin de vous.
Yvonne
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