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Sylvaine Weber - Membre d'honneur à titre posthume décédée le 3 décembre 2011
Chargée de l'organisation des manifestations d'Agir pour le Niger
Afrique tu me tiens !
En 1981, la Haute-Volta aujourd’hui Burkina Faso, m’a accueillie avec ma fille Läetitia qui avait tout juste 3 mois. Après 1 année de séjour, le virus de l’Afrique a eu le temps de s’installer en moi et j’étais avide de connaître encore d’autres pays du continent.
1982, nouvelle mission à Niamey pour Jean-Marie mon mari, que j’ai suivie sans hésiter. Le Niger que je ne connaissais pas plus qu’un autre pays d’Afrique m’a tout de suite séduite. Malgré son climat aride et sa chaleur accablante je m’y suis tout de suite sentie à l’aise.
Mes voisins étaient Haoussas, Djermas, Touaregs et tout de suite nous avons sympathisés et échangés plein de choses de nos cultures pourtant si différentes. Nous nous sommes très vite intégrés à leur façon de vivre. Ma fille Läetitia a grandi avec ces enfants nus jouant dans le sable chaud dans les rues adjacentes de Niamey en jouant avec des jouets précaires, enfant noir et enfant blanc pas de différence.
10 ans de découverte et d’approche avec cette population très cosmopolite, que je côtoyais au quotidien, m’ont donné envie d’aller vers eux jusqu'à apprendre leur langue.
Ce pays s’est vite ancré dans mon cœur, que de très beaux souvenirs…
Décembre 2007, sur un marché de Noël dans un village voisin, je tombe en arrêt sur un stand d’une association qui œuvre pour le Niger et je n’ai pas hésité un seul moment à aller à la rencontre de ces personnes, qui dans un froid glacial et au plus profond de notre Alsace, connaissaient le Niger. C’était écrit, ce pays me poursuivrait partout. Après quelques palabres sur nos connaissances respectives que nous avions de ce pays nous avons pris rendez-vous avec mon mari pour assister à l’une de leurs réunions mensuelles. Cette rencontre a réveillé en nous de vieux et bons souvenirs et il était désormais évident que nous allions de nouveau plonger dans les eaux du fleuve Niger dans lequel nous nous sommes si souvent baignés. Comment ne pas adhérer à ce village du Niger, ce pays qui nous a tant donné.
C’est aujourd’hui à mon tour de donner et de mener des actions auprès de cette population Nigérienne et j’en suis très fière.
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Jean-Louis Brugger - Président d'Agir pour le Niger |
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Annie Mouhamatt - Vice Présidente d'Agir pour le Niger
Qui suis- je donc ?
L’Afrique m’a accueillie pour la première fois en 1982 au Burkina-Faso.
Je m’y étais rendue en «repérage» avant de m’engager dans une action de solidarité avec des élèves du Lycée Deck de Guebwiller, où j’enseignais. Ce fut un coup de foudre immédiat, j’étais là-bas chez moi.
Très vite, j’ai su que j’y reviendrais souvent. En effet, des voyages réguliers m’ont reconduite vers ce continent où j’avais noué des amitiés nombreuses. En 1994, je crée avec d’anciens élèves une association qui travaillera dans le village burkinabé où, en 1984 et 1985 nous avions construit un dispensaire et commencé une école. Depuis 1982, je suis restée en contact étroit avec ce village et j’ai appris le «mooré», la langue parlée par les mossis, afin de pouvoir mieux communiquer avec les gens. Parler la langue d’un pays étranger que vous voulez aider ouvre bien des portes : on vous considère comme un frère ou une sœur car vous avez fait l’effort de vous rapprocher des gens pour les comprendre.
En 1995 c’est mon premier contact avec le Niger en tant qu’expatriée. Plus ensablé que le Burkina, le pays est très pauvre, les écoles fermées depuis deux ans car les enseignants ne sont plus payés. Les feux tricolores ne fonctionnent plus, la circulation est anarchique, les routes n’ont de routes que le nom, des troupeaux de zébus, chameaux, chèvres et moutons déambulent sans contrainte par la ville et des quartiers entiers de cases en «seccos» (nattes de paille tressée) s’offrent au regard le long des pistes bosselées parcourues par d’innombrables mendiants qui fouillent des tas d’ordures géants pour trouver de quoi manger. Ici, c’est la misère sous un soleil de plomb ou dans la poussière rouge soulevée par le vent mais, partout les sourires et les yeux rieurs des enfants dépenaillés me rappellent qu’on est en Afrique ; c’est là que je vais vivre cinq ans.
Je ne peux rester insensible à tant de misère. J’enseigne le Français et ai beaucoup de liberté, je m’inscris donc au Club International Des Femmes au Niger qui recherche des bénévoles pour ses actions humanitaires et c’est ainsi que je m’occuperai, avec une amie française, du service des brûlés de l’hôpital de Niamey et des écoles de brousse. Chaque jour je rencontre des enfants et des adultes non francophones, nous communiquons par gestes ou dans leur mauvais français appris dans la rue auprès de touristes de passage ou souvenirs lointains de quelques trimestres de scolarité. Ces échanges ne me satisfont pas : dépendre d’un interprète n’est pas toujours possible loin de la capitale, j’ai besoin d’apprendre leur langue pour bien comprendre ce qu’ils attendent de moi, c’est à moi d’aller vers eux. Je vais donc apprendre le «Djerma» avec l’aide d’un professeur d’université.
En 1997, je deviens Présidente du Club International des Femmes au Niger et en mai 1998 je rencontre, dans l’exercice de mes fonctions Monsieur Abdou Ag Mouhamatt , responsable du camp de rapatriés touaregs de Bani-Kosseye, à 65 kilomètres de Niamey. Pour permettre à ces déracinés de se réinsérer dans la vie, nous allons créer ensemble une association d’aide aux touaregs rapatriés du Burkina-Faso, qui existe toujours aujourd’hui.
En août 2000 je dois retrouver la France où j’épouserai Abdou en 2003.
En 2006 nous rencontrons Elisabeth et Jean-Louis Brugger et devenons amis puis décidons de créer «AGIR POUR LE NIGER». |

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Elisabeth Brugger - Secrétaire d'Agir pour le Niger
Mon Engagement Africain
N’ayant pu exercer mon goût pour les voyages qu’assez tardivement, c’est en Afrique que mes sentiments se sont ancrés, et c’est lors d’un voyage organisé au Mali que tout a débuté. Je n’avais jamais été en Afrique noire. Je me reverrai toujours atterrir sur cet aéroport de Gao, qui n’est autre qu’un immense terrain goudronné au bout duquel se situe un hangar servant à l’enregistrement des passagers… et descendre de la passerelle en pleine canicule dans une agitation et un brouhaha indescriptibles.
Très vite j’étais plongée dans l’ambiance, rien ne se passe comme chez nous, l’enregistrement des passagers à «l’aéroport» est un énorme fiasco et rien n’est vraiment organisé. C’était très drôle à observer. Finalement nous sommes partis au bout d’un long moment à la découverte de ce magnifique pays. Touchée par la gentillesse de ces gens qui n’ont même pas le minimum vital, et qui malgré tout, sont prêts à donner le maximum, tout cela avec le sourire, je dis bravo !
Un déclic s’est produit, il faut agir ! Après y être retournée une autre fois encore, comme si j’avais besoin d’être persuadée que j’avais raison, j’ai pris la décision avec mon mari, de m’engager. Comme par hasard, une ONG faisait un diaporama dans la région et nous nous sommes inscrits, j’ai occupé le poste de secrétaire durant 3 ans.
Malheureusement suite à une orientation plus tout à fait en accord avec nos objectifs qui étaient d’aider la population, nous avons démissionné et, avec 2 autres amis, Annie et Abdou (nigérien de surcroît) nous avons décidé de fonder notre propre association Agir pour le Niger.
J’occupe actuellement le poste de présidente et nous travaillons pour le village de Dantiandou Tégui situé à environ 60 kms de Niamey la capitale. Là je m’y retrouve enfin, nous intervenons dans différents domaines (l’eau, l’école, le maraîchage…) et avons encore beaucoup d’autres projets à l’esprit.
Nous sommes réellement encouragés par ces habitants qui à la base n’ont jamais rien demandé, nous accueillent toujours chaleureusement et s’investissent totalement dans nos entreprises. Ils sont reconnaissants et tellement contents de ce que nous leurs apportons que c’est avec bonheur et enthousiasme que nous nous investissons.
A ce jour, je veux dire que mon objectif est de mener à bien toutes nos entreprises aidée par mon équipe elle aussi super-motivée. Le coup de foudre a opéré et désormais une partie de mon cœur est restée là-bas, et pas un jour ne passe sans que je n’aie une pensée pour nos amis.
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Mireille Bally - Secrétaire adjointe d'Agir pour le Niger
Son engagement Africain
Je ne connaissais pas du tout l’Afrique, et c’est en discutant et en regardant des photos du village (Dantiandou Tegui), avec ma collègue et amie, qui est également Présidente de l’Association «Agir pour le Niger», que j’ai découvert peu à peu ce pays. Un jour, elle m’annonce qu’une place dans le Comité de son Association est vacante. Je n’ai pas hésité longtemps, je me suis proposée pour reprendre le poste, afin de pouvoir m’investir pour ce petit village d’Afrique en adhérant à l’Association et en devenant membre de celle-ci. Mon but est de les aider à améliorer la qualité de vie du village par tous les moyens, car la vie y est pénible. Beaucoup de besoins et peu de moyens ! Une simple adhésion permet d’améliorer le quotidien de toute une famille.
Mon vœu le plus cher serait de pouvoir partir au «NIGER» pour «AGIR» sur place. |
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Jean-Marie Weber - Trésorier et chargé de la communication d'Agir pour le Niger
Mon Engagement Africain
Lorsqu’en 1982, j’ai atterri à Niamey, j’étais loin de m’imaginer que le Niger accaparerait autant et durablement mon esprit. Au fil des 9 années passées sur le terrain, son nom me revenait sans cesse et de plus en plus fort. Pourtant il n’y avait ni plage ni cocotier, pas ou très peu d’eau, pas grand-chose ou si peu, un vaste désert le Ténéré, un grand tas de sable souvent pris comme terrain de jeux par les grandes écuries du Paris-Dakar. Niamey une capitale qui n’a que peu à offrir aux visiteurs, mais l’âme du Niger réside dans sa population, tout un mélange de sagesse et d’humilité tout en diversité. Du nord au sud, d’est en ouest, d’Agadez à Niamey, de Maradi à Zinder, de Diffa à Tahoua, les Haoussas, Djermas, Kanouris, Peuls, Touaregs avec leurs coutumes ancestrales ont fait de ce pays, grand comme deux fois la France, une spécificité à part. Mais, malgré cette richesse culturelle, le Niger est considéré paradoxalement comme l’un des pays les plus pauvres au monde, cruel destin pour ces peuples parfois millénaires de se retrouver ainsi sur le devant de l’actualité, souffrant en silence très souvent sans rien dire ni rien demander. J’ai quitté Niamey en 1991 et depuis je n’ai de répit pour mon Niger. Voici deux ans, le hasard m’a fait rencontrer sur un petit marché de Noël Alsacien, une bande d’amis qui transis de froid vendait de l’artisanat touareg au profit de l’Association Agir pour le Niger. Après des échanges et discussions sur le Niger et leur engagement associatif, j’ai été, dès la première réunion mensuelle, convaincu que j’avais encore une mission à continuer pour ce pays qui m’avait tant donné et tant apporté. Aujourd’hui, je ne peux que me réjouir de cette rencontre, mon passé africain m’a très vite rattrapé, le virus qui sommeillait en moi a repris le dessus. Il n’y a pas de jour où je ne prononce le mot Niger, parler, expliquer, convaincre, fédérer, décider les personnes à venir nous rejoindre afin d’agrandir encore et encore notre cercle, œuvrant dans un seul but humanitaire et cela à travers des actions menées sur le terrain et relayées par les bénévoles de l’association en partenariat avec tous les habitants du village. C’est sur ces vraies valeurs que je me suis engagé dans cette noble cause, afin de donner, non pas un rayon de soleil à notre petit village qui le subit beaucoup trop au quotidien, mais tout simplement une certaine forme de reconnaissance qui ne le plonge pas totalement dans l’oubli, l’ignorance et surtout l’indifférence car comme disait Manu Dibango, «On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler».
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Jean Bertrand - Trésorier adjoint d'Agir pour le Niger
Bien que membres du comité, mais n’ayant jamais été en Afrique, c’est grâce à notre fille Elisabeth (Présidente de l’Association)
et de son mari Jean-Louis, que nous nous sommes engagés à leur côté dans cette belle aventure.
Nous aimerions, à travers ces quelques lignes, traduire notre ressenti quant à l’investissement de tous.
Voici notre déclaration
A notre fille Elisabeth, Présidente de l’Association «Agir pour le Niger»
Au comité et à tous ceux qui font partie de cette noble cause.
Pour ce que vous avez réalisé depuis un an,
Pour tous les efforts que vous fournissez au quotidien et sans compter,
Le dévouement dont vous faites preuve afin de soulager la faim, la pauvreté et la douleur des âmes,
Pour le soutien, le réconfort, les mots apaisants et consolateurs,
Mais aussi vos actions sur le terrain à tour de rôle,
Nous vous disons un grand bravo !
Quant à vous tous qui nous soutenez par vos cotisations annuelles, nous vous adressons un grand merci de tout cœur et vous encourageons à persévérer.
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Abdou AG Mouhamatt - Responsable-coordinateur des projets d'Agir pour le Niger
Un Nigérien en Alsace
Je suis né Touareg quelque part en brousse au milieu des moutons. En 1973, poussé par la sécheresse qui a fait mourir nos troupeaux de nomades et la famine qui tord nos estomacs, je quitte le Mali où je nomadisais depuis quelques années (pour nous Touaregs les frontières n’existaient pas) et reviens au Niger où j’essaie de survivre avec ma famille dans les camps de réfugiés. Chaque matin se pose le problème de trouver la nourriture de la journée.
En 1994, à cause de la rébellion touarègue je dois me réfugier au Burkina-Faso: notre ethnie est devenue indésirable au Niger. Je resterai dans un camp jusqu’en 1997, date à laquelle je viendrai m’établir à Bani-Kosseye, à 65 kilomètres de Niamey avec une soixantaine de familles touarègues. En effet, les accords de Ouagadougou d’avril 1995 nous promettent une réinsertion sociale: un vaste terrain nous a été attribué en brousse mais à notre arrivée, rien ne nous attend: ni case, ni abri, ni puits, ni troupeau ni école. Il faut à nouveau que je me débrouille pour donner à manger à tous ces gens dont je suis le responsable.
En mai 1998, les femmes du camp présentent leur artisanat de cuir dans une exposition organisée par le Club International des Femmes au Niger et la somme récoltée par la vente de leurs objets permettra l’achat de plusieurs sacs de mil pour le camp.
C’est à la suite de cette exposition et par l’intermédiaire de ma mère que je fais connaissance avec Annie qui représente le C.I.F.N. A partir de ce moment, nous serons deux à combattre la misère.
Pas très loin de notre camp se sont établis d’autres nomades, djermas, touaregs, peuls, aussi démunis que nous et qui viennent faire connaissance et demander de l’aide: ce sont les premiers habitants de Dantiandou-Tégui qui vendent au bord de la route le bois ramassé en brousse.
Petit à petit se formera le village, d’autres habitants viendront s’y installer pour ne plus être seuls tandis que les premiers arrivés sont repartis.
Lorsqu’Elisabeth et Jean-Louis m’ont dit qu’ils étaient prêts à s’investir pour aider un village du Niger, mes pensées sont allées directement vers Dantiandou-Tégui, qui entre-temps s’était agrandi.
En août 2007 Annie et moi y retournons et nous y trouvons plusieurs centaines d’habitants, 2 puits, 2 classes en dur et une en seccos (nattes de paille tressée), des greniers à mil et des troupeaux. Aucune association ne s’investit dans ce village pour l’aider à se développer comme le souhaitent ses habitants.
Il m’a semblé normal de proposer à ces villageois un soutien régulier puisque, à nous tous, depuis la France, nous pouvons donner de notre temps pour trouver des solutions à leurs problèmes de puits, de scolarité ou de famine.
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Läetitia Weber - Chargée de l'organisation des manifestations d'Agir pour le Niger
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Yvonne Bertrand - Assesseur d'Agir pour le Niger
Les petits nigériens
Enfants quand votre bonne mère
Le soir vous tient sur ses genoux
Les petits nigériens couchent sur la terre
Petits enfants, y pensez-vous ?
Vous qui avez en abondance
Caresses, bonbons et joujoux
Eux n’ont sur terre que la souffrance
Petits enfants y pensez vous ?
Quand personne ne vous surveille
Parfois vous gaspillez vos sous
Eux sont sans pain depuis la veille
Petits enfants y pensez vous ? |
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Michel Pomodoro - Chargé du pôle photo d'Agir pour le Niger |
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Ihya Ango - Représentant local d'Agir pour le Niger à Niamey
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